Quand on loue un logement ou qu’on met un bien en location, la question de l’assurance habitation revient inévitablement. Les obligations ne sont pas les mêmes selon que l’on occupe le logement ou qu’on en est le bailleur, et les conséquences d’un manquement peuvent être sérieuses. Dans un contexte de hausse des tarifs et d’une sinistralité record, mieux vaut savoir exactement à quoi on est tenu.
Ce que la loi impose au locataire
Le locataire d’un logement loué à titre de résidence principale, qu’il soit meublé ou non, a l’obligation légale de souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs : incendie, dégâts des eaux et explosion. Ce n’est pas une simple formalité. Si le locataire ne peut pas produire d’attestation d’assurance, le propriétaire dispose de deux options : souscrire lui-même une couverture au nom du locataire et lui en répercuter le coût, ou invoquer la clause résolutoire du bail pour demander l’expulsion.
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Pour le locataire, circuler sans assurance, c’est aussi s’exposer à régler de sa poche des dégâts qui peuvent atteindre des sommes très élevées. Après une résiliation pour non-paiement, trouver un nouvel assureur devient plus difficile et plus coûteux. En 2024, les dégâts des eaux représentaient à eux seuls 44 % des sinistres habitation en France, sur un total de 4,6 millions de sinistres indemnisés.
Les obligations du propriétaire bailleur
Du côté du bailleur, le cadre est différent. La loi ALUR impose uniquement une garantie responsabilité civile pour les propriétaires dont le bien est situé en copropriété : il s’agit de couvrir les dommages que le lot pourrait causer aux voisins, aux tiers ou aux parties communes. Hors copropriété, aucune assurance n’est juridiquement exigée du propriétaire non occupant.
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En pratique, néanmoins, la plupart des professionnels recommandent vivement de souscrire une assurance PNO (propriétaire non occupant). Ce type de contrat peut couvrir des sinistres survenant pendant une vacance locative, entre deux locataires, une période où le bien n’est protégé par aucune assurance souscrite par un occupant. Les garanties varient d’un contrat à l’autre, ce qui impose de lire attentivement les conditions avant de signer.
Des tarifs en forte hausse depuis 2025
Autre réalité à anticiper : le coût des primes augmente. En 2025, les tarifs ont progressé de 3 à 5 % en moyenne, et la tendance s’est accélérée en 2026, avec des hausses de l’ordre de 7,5 à 8 %, parfois davantage dans les zones climatiquement exposées. La contribution catastrophes naturelles a elle-même bondi de 12 à 20 points au 1er janvier 2025. En moyenne, un locataire paie aujourd’hui environ 160 euros par an pour un appartement, contre 275 euros pour un propriétaire occupant.
Ces chiffres rappellent que l’assurance habitation n’est pas un poste négligeable dans un budget immobilier, et que le choix du contrat mérite une attention réelle, que l’on soit à la recherche d’un premier logement à louer ou que l’on gère un patrimoine locatif.
